Brèves pour le métro ou autres lieux

 

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 Voici des nouvelles brèves, à lire en quelques petites minutes ( ou moins...) pour chacune (d'où le titre).

Merci de me laisser des petits messages d'encouragements. Et si jamais vous venez souvent par ici, vous pouvez simplement m'envoyer un petit sourire pour me dire que vous m'avez lue et que vous avez aimé.

Si vous voyez une erreur (de frappe bien sûr...) dans un texte, n'hésitez pas à me le dire. On a beau se relire plusieurs fois, on en laisse tous.

Merci également de ne pas utiliser, même partiellement, ces textes, sans me l'avoir demandé avant, conformément à la loi sur le droit d'auteur (ces textes sont protégés).

Les commentaires ne sont pas ouverts sur cette page d'accueil mais sur tous les billets suivants.

Bonne lecture !

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10 janvier 2019

Premier jour (suite et fin)

(Le début de l'histoire est dans les trois billets précédents)

Le lendemain matin, je me suis réveillée avec cette image de petits bateaux qui descendaient la rivière. En parallèle, j'ai pensé à Amine. C'était notre histoire qui s'éloignait sur un embarcadère de carton. Je ne savais pas encore si je devais être triste ou soulagée.

En me levant, j'ai continué à y penser. J'ai réalisé alors que ce n'était pas réellement un vœu que j'avais écrit. C'était plus un rite de passage. L'année 2018 et un amour que je laissais derrière moi. C'était une fin et un commencement. Le premier jour où j'avais fait mon deuil de cette histoire.

 

A partir du lendemain, l'image des bateaux n'avait plus la même présence.

 

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07 janvier 2019

Premier jour (avant dernier texte)

(Le début de l'histoire est dans les deux billets précédents)

On a discuté de son idée puis on est retournées au studio. On a d'abord cherché comment faire un bateau et on a trouvé trois barquettes en carton.

- Ca a du bon le faire le tri pour le recyclage !

- Ouai.

On s'est installées autour d'une table avec des papiers et des stylos de toutes les couleurs. Sophie a précisé.

- On doit faire un vœu concernant l'amour.

- Seulement ça ? C'est un peu limité...

- Non, pas du tout ! Il faut que ça ait un rapport avec notre discussion de tout à l'heure. On était toutes perdues dans nos pensées. C'est bien que ça nous préoccupe !

- Et on se lira nos vœux ?

- Non, t'inquiète, chacune pour soi. Pas de censure !

J'ai choisi un stylo mauve et j'ai écrit :

« Je souhaite vivre de très belles choses avec Pierre, que notre relation soit solide et dure un moment. Pour cela, je souhaite tourner la page avec Amine ».

 

Après avoir toutes écrit, on est sorties dehors. On s'est approchées de la rive de la Marne. Chacune notre tour, nous avons posé notre bateau sur l'eau. Nous les avons regardés s'eloigner doucement, en suivant le courant. Les voeux n'avaient plus vraiment d'importance. On est extasiées devant ces petits bateaux qui descendaient la rivière, vers la Seine, vers Paris, une nuit de Réveillon, dans la tranquilité et la douceur de ce petit coin de banlieue.

 (à suivre)

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03 janvier 2019

Premier jour (suite)

(Le début de l'histoire est dans le billet précédent)

Trois cygnes sont alors passés

- Et si c'était trois princes charmants qu'une même sorcière aurait transformés … et pour rompre le charme ..

- Il faudrait que trois femmes, un soir de réveillon, les embrasse … mais seulement un soir de réveillon … ça tombe bien, on est les seules dehors !

- Les embrasser ??? Tu rigoles ! Impossible d'embrasser un cygne. Et puis, franchement, ça ne donne pas envie. Berk ! Non, ce qu'il faudrait, c'est juste une petite caresse. Ce n'est déjà pas facile. Et les plumes doivent être douces.

Je me suis mise à penser à Pierre, un homme que j'ai rencontré récemment. Ce ne sera pas mon prince charmant mais juste un homme avec qui j'ai envie de faire un bout de chemin. Un joli bout de chemin. Tout est réuni pour que cela fonctionne. Le seul problème c'est Amine. Il ne faut pas que je cherche à le revoir. Il faut que j'arrive à faire mon deuil de cette histoire là. Il faut que j'arrête de jouer à...

- Hé les filles ! On dirait que cette histoire de prince charmant nous emmène loin dans nos pensées... a dit Claire.

- Oui... a répondu Sophie. Et vous savez ce que j'étais en train d'imaginer ?

- Non, mais tu vas nous le dire.

- Les trois cygnes se transforment en trois hommes, beaux et charmants et … je vous le fais court … à la fin il s'avère que ce sont trois pervers narcissiques.

- Alors qu'ils restent des cygnes !

- De toute façon, vous savez que c'est méchant un cygne ?

- Vous savez quoi ? a dit Sophie en se levant. On va écrire des vœux, les mettre dans un petit bateau et les faire descendre la rivière. Ce sera toujours plus réaliste que de vouloir s'approcher d'un cygne. 

On a discuté de son idée puis on est retournées au studio.

 

(A suivre)

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02 janvier 2019

Premier jour

 

Cette année, pas de réveillon compliqué. Je n'en avais pas envie. Je n'aime pas les fêtes obligatoires. Le passage à l'année suivante s'est fait avec mes deux cousines, Sophie et Claire, la petite cinquantaine, comme moi.

Après son divorce, Claire a repris des études et elle a déménagé dans un petit studio dans le bas d'une villa, au bord de la Marne. C'est là qu'elle nous a proposé de nous retrouver.

En arrivant, nous avons vu cette belle maison blanche, avec ses volumes élégants et sa grande véranda qui donne sur la rivière. Les propriétaires étaient absents et il n'y avait pas de lumière à l'intérieur. Juste le reflet des nuages dans les vitres. Claire nous attendait devant la maison et nous a accompagnées vers son studio.

- Désolée, a-t-elle dit, de chez moi la vue n'est pas terrible. Mais je ne paie pas l'ISF !

Tout en marchant puis en nous installant chez elle, nous avons alors parlé de ses propriétaires, de leur chalet à la montagne, de l'ISF, des gilets jaunes, des vœux du président.

 

Plus tard, j'ai proposé que l'on aille prendre le dessert dehors, sur les bords de Marne. Nous avons emporté nos assiettes, nos cuillères et nos parts de gâteau. Nous nous sommes assises sur un rebord.

- On n'est pas bien là ? a demandé Sophie. Pas besoin de véranda pour être heureux. L'argent, c'est vraiment un truc surfait !

Et nous avons ri.

Trois cygnes sont alors passés.

'(à suivre)

Posté par Dalva123 à 11:06 - Commentaires [6] - Permalien [#]


10 mai 2018

Sommeil

Dans l’après-midi, je me suis endormie devant la télé. Cela veut bien dire que je suis fatiguée.

Et, ce soir, je me suis couchée avec beaucoup de plaisir.

Très rapidement, je me suis retrouvée au bord du sommeil. J’étais bien, tellement bien.

Pourquoi alors je me suis réveillée d’un coup ? Pourquoi je suis là, depuis une heure, à rechercher l’endormissement ? Il faudrait que je me lève, que j’aille faire quelque chose, lire ou boire, mais je n’y arrive pas. J’ai à la fois trop sommeil et pas assez.

Cela m’en donne presque mal au cœur.

 

 

Posté par Dalva123 à 09:48 - Commentaires [10] - Permalien [#]

25 avril 2018

La fessée

 

A cinq heures et demie, on a reçu un appel pour aller à la gare de Saint-Gratien. Un vieux monsieur avait reçu une fessée. De la part de trois jeunes. On s’est tous marrés dans le commissariat.

— Ça devient du grand n’importe quoi le boulot en ce moment, a dit Chorisson.

Et on s’est remis à rire. C’est vrai, qu’en ce moment…

On est partis à cinq, Lionel, Georgio, Lisa, Cynthia et moi. Trois filles pour deux mecs. On est arrivés à la gare. Le vieux en question était assis sur des marches, entouré d’un type de la SNCF. Il était vieux de chez vieux. Il pleurait. Dire que tout à l’heure on se marrait au commissariat, et que maintenant moi aussi j’avais envie de pleurer. Je me suis retenue, je sais faire, quand même.

Lionel a interrogé le type de la SNCF. Les trois jeunes étaient partis depuis un moment déjà. Georgio a demandé au vieux si ça allait. Il a secoué la tête pour dire non.

— Est-ce que vous pouvez vous lever ? j’ai demandé.

Il a encore secoué négativement la tête.

— Bon… on va vous aider.

Les deux garçons l’ont pris chacun d’un côté. Il s’est relevé sans problème.

— Vous avez mal ?

— Un peu.

Il se tenait la fesse. Mais moi je savais bien que ce n’était pas la douleur le problème. C’était l’humiliation. On l’aurait tapé et on lui aurait pris son portefeuille, ça aurait presque été préférable.

 

 

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17 avril 2018

L'homme du métro

Laura avait remarqué le type, sur le strapontin, en face. Elle n’arrêtait pas de le regarder. Elle le trouvait très attirant. Il y avait quelque chose dans son visage qu’elle trouvait fascinant. Il n’était pas seulement beau. Il y avait quelque chose de profond en lui.

En fait, elle ne le fixait pas du regard en permanence. Elle tournait régulièrement la tête et posait ses yeux sur lui pendant quelques secondes seulement. Elle ne voulait pas qu’il la remarque. Mais il ne semblait s’apercevoir de rien. Il ne tournait jamais la tête vers elle comme cela arrive parfois, par réflexe, lorsqu’on se sent regardé.

 Pourtant, juste avant sa station, elle le vit se lever et avancer vers elle, sans sourire.

Elle eut un moment de panique.

Elle se demanda : « mais qu’est-ce qu’il fait ? ». En effet, il venait la voir :

— Excusez-moi, vous me regardez depuis tout à l’heure…

Il semblait agacé.

Il y eut deux ou trois secondes de silence, pas plus.

— Euh … excusez-moi, je suis désolée … j’ai vraiment l’impression que votre visage m’est familier … et je n’arrive pas à savoir d’où je vous connais … c’est très énervant comme impression … ça ne vous arrive jamais ce genre de chose ?

— Non, je suis très physionomiste, et je suis sûre de ne jamais vous avoir vue. Désolé.

— Non, c’est moi qui suis désolée … ça ne se fait pas ce que j’ai fait … dévisager les gens comme ça.

— Il n’y a pas de mal.

— Mais je descends là.

— Alors au revoir.

— Au revoir.

 En descendant, elle ne put penser qu’une seule chose : ouf ! 

 

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17 mars 2018

Un inconnu

Il m’est arrivé un truc incroyable. Un jour, je suis allée m’acheter des cigarettes au tabac du coin. Sur la terrasse, il y avait un type. Quand je suis passée devant lui, il m’a regardée droit dans les yeux. Je l’ai regardé aussi. En fait, je ne sais pas qui a regardé l’autre en premier. Je l’ai trouvé vraiment bien, tout de suite. Il y avait une puissance dans son regard et dans son visage. Et du désir dans ses yeux. Je l’ai ressenti immédiatement. Comme s’il m’en avait donné. Comme un cadeau. Ça m’a coulé dans tout le corps. Ça ne m’avait jamais fait ça. Rien qu’avec un regard. J’avais déjà ressenti des tas de choses à travers une main, un geste, mais pas encore à travers des yeux. Pas comme ça. Pas à ce point là.

Je suis rentrée dans le café. Je me sentais toute bizarre. Je suis ressortie avec mon paquet de cigarettes à la main. Le type était encore là, bien sûr. Il m’a de nouveau regardée et m’a dit :

— Pourquoi vous ne vous asseyez pas pour en fumer une ? Avec un verre ?

Je me suis assise à côté de lui. Je ne croyais pas que je serais capable de ça. Je n’avais même pas honte. Oui, je l’ai fait, moi Sophie Boucher. Et puis j’ai fini dans un lit, avec lui. Dans une chambre d’hôtel. Comme ça. Tout de suite. Le truc incroyable. C’était magique. Quelque chose qui ne se raconte pas. Il y avait la transgression aussi. C’était très excitant. Evidemment, on a été discret tant qu’on était dans le café et dans mon quartier. Mais ensuite...

 Après l’amour, on s’est parlés, même beaucoup. J’adore les confidences sur l’oreiller. Heureusement qu’il y a eu ces paroles là, parce qu’avant, on ne s’était pas dit grand chose. J’ai pu voir que c’était un type bien, j’ai pu savoir un peu avec qui j’avais couché. Mais on ne s’est pas donné nos prénoms. Comme s’il fallait que l’on reste deux inconnus.

Evidemment, je n’ai rien dit à mon Alex. Ça aurait servi à quoi ? Je l’aime, je le respecte. C’était juste une parenthèse cette rencontre. Je n’ai rien dit à personne non plus. Même pas à ma meilleure copine. Du coup, de ne pas en parler, cette histoire est restée très irréelle. C’était comme si je n’avais rien fait de mal, comme si je n’avais pas trompé Alex.   

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28 février 2018

Mère et mer

 

Stéphanie est partie s’installer au bord de la mer. Elle a trouvé un poste d’assistante à Caen. Elle habite Colbec, une petite station balnéaire.

Sa mère est venue la voir un week-end de mai. Elles étaient toutes les deux à la terrasse d’un café. Sa mère lui a dit ce que Stéphanie redoutait depuis le début. Mais elle savait que qu'il fallait en passer par là.

— Quand même, tu ne crois pas que tu aurais pu trouver autre chose qu’un poste de secrétaire ?

— Pas secrétaire, maman, assistante.

— Oui … c’est un peu pareil. Avec tes études, tu aurais pu trouver autre chose.

— Ben non, justement … avec une licence de français, tu ne fais pas grand chose.

— Il fallait continuer tes études.

— Même avec une maîtrise … j’aurais pu être prof, mais je n’en avais pas envie.

— Quand même ! Tu pourrais avoir un peu plus d’ambition !

Stéphanie a fini par faire un grand sourire à sa mère et par lui dire qu’elle y penserait, juste pour couper court à la discussion. Mais sa mère a continué :

— Et puis … pourquoi n’habites-tu pas Caen ? Tu serais mieux en ville à ton âge. Et ce n’est pas ici que tu vas te trouver un mari.

— Maman … arrête s’il te plaît.

— OK, j’arrête de parler du mari … mais quand même, ça doit être mort pendant la semaine ici.

— Je travaille pendant la semaine.

— Et cet hiver … tu as pensé à cet hiver ? Là, ça va à peu près … mais, à partir d’octobre, ça doit être sinistre.

— Si ça ne me plaît pas, je déménagerai, ne t’inquiète pas.

 

En fait, Stéphanie n’avait pas du tout l’intention de déménager. Elle était venue ici parce qu’elle avait besoin de la mer. Elle sortait de son travail, le soir, et elle allait regarder les vagues, écouter le ressac, sentir les odeurs marines. Elle était bien. Elle se ressourçait. Et cet hiver, elle avait l’intention de s’acheter un bon manteau, un gros bonnet, et elle irait marcher sur la plage déserte et immense. Mais comment expliquer ça à sa mère ? De toute façon, elle ne comprendrait pas.

 

Posté par Dalva123 à 11:29 - Commentaires [15] - Permalien [#]