Laura avait remarqué le type, sur le strapontin, en face. Elle n’arrêtait pas de le regarder. Elle le trouvait très attirant. Il y avait quelque chose dans son visage qu’elle trouvait fascinant. Il n’était pas seulement beau. Il y avait quelque chose de profond en lui.

En fait, elle ne le fixait pas du regard en permanence. Elle tournait régulièrement la tête et posait ses yeux sur lui pendant quelques secondes seulement. Elle ne voulait pas qu’il la remarque. Mais il ne semblait s’apercevoir de rien. Il ne tournait jamais la tête vers elle comme cela arrive parfois, par réflexe, lorsqu’on se sent regardé.

 Pourtant, juste avant sa station, elle le vit se lever et avancer vers elle, sans sourire.

Elle eut un moment de panique.

Elle se demanda : « mais qu’est-ce qu’il fait ? ». En effet, il venait la voir :

— Excusez-moi, vous me regardez depuis tout à l’heure…

Il semblait agacé.

Il y eut deux ou trois secondes de silence, pas plus.

— Euh … excusez-moi, je suis désolée … j’ai vraiment l’impression que votre visage m’est familier … et je n’arrive pas à savoir d’où je vous connais … c’est très énervant comme impression … ça ne vous arrive jamais ce genre de chose ?

— Non, je suis très physionomiste, et je suis sûre de ne jamais vous avoir vue. Désolé.

— Non, c’est moi qui suis désolée … ça ne se fait pas ce que j’ai fait … dévisager les gens comme ça.

— Il n’y a pas de mal.

— Mais je descends là.

— Alors au revoir.

— Au revoir.

 En descendant, elle ne put penser qu’une seule chose : ouf !