Léa était dans les Cévennes, chez sa cousine. Un petit mas isolé à quelques mètres de la rivière. Le premier soir, elles se sont installées dans le jardin pour voir les étoiles. Elles avaient éteint toutes les lumières et étaient sorties avec leurs lampes de poche.

Elles se sont assises sur des chaises longues. Le ciel était magnifique, il n’y avait pas un nuage, on voyait la voute céleste. Mais ce n’était pas confortable pour Léa d’avoir la tête en arrière, surtout qu'elles guettaient une étoile filante. Alors, avec sa lampe de poche, elle est retournée dans la maison chercher un coussin. Sa cousine lui a dit qu'elle n'en avait pas besoin.

Léa s'est allongée dans l’herbe et c’était la meilleure position pour regarder la nuit. Autour d'elles, il y avait des odeurs de menthe. Et on pouvait deviner, au loin, le bruit de la cascade.

Il était encore un peu tôt dans l’été pour les étoiles filantes. Léa en a quand même vu deux. Une toute petite et une plus longue. Sa cousine l'a enviée, elle n’en a vu aucune. Léa avait préparé son voeu à l’avance, mais difficile de le formuler au passage d’une étoile, cela va trop vite. C'est après que l’on se rend compte qu’elle était là. Juste une trace sur la rétine. De toute facon, son voeu était beaucoup trop long (elle voulait que Pierre quitte sa femme et qu’il lui revienne mais que sa femme ne soit pas triste de cette separation, ni lui d'ailleurs, et qu’ils se rendent compte, tout simplement, qu’ils n’étaient pas fait l’un pour l’autre). Elle s'est redit tout cela, juste après avoir vu l’étoile filante, la plus longue des deux. Les mots allaient vite dans sa tête, il fallait que le souvenir de l’étoile soit encore tout frais.

Trois mois ont passé. Les vacances sont loin maintenant. Léa ne sait pas si son voeu se réalisera un jour. Elle en doute fort, c'était un voeu irréaliste. Cela lui est égal maintenant. Il lui reste les odeurs de menthe dans la nuit, les étoiles et le bruit de la cascade au loin.