— Alors, qu’est-ce que tu as commencé à me raconter par mail ?

— J’ai trouvé l’homme de ma vie…

— Non ?

— Si.

— Par Internet ?

— Oui ma belle.

— Raconte.

— Tu as du temps ?

— Bien sûr.

— Voilà … ce n’est pas le premier avec qui j’ai discuté (sur Internet je veux dire) … mais celui-là, ça a été comme un coup de foudre … on pensait pareil … lui en homme, moi en femme, mais presque pareil … on avait les mêmes goûts … on se marrait même … il m’envoyait un message et j’étais de bonne humeur pour toute la journée … mais on a mis du temps à se rencontrer en vrai … j’avais peur d’être déçue … lui aussi sans doute … le jour de notre première rencontre, je m’étais faite toute belle … pas trop apprêtée … naturelle mais avec de beaux vêtements … de belles chaussures … des trucs qui m’allaient bien. Il m’a vue … il m’a regardée … et j’ai vu dans ses yeux que je lui plaisais. Il s’est approché de moi, il a pris mon visage dans ses mains, il m’a embrassée … il m’a prise dans ses bras comme quelqu’un qu’on aime depuis longtemps … et puis il a voulu qu’on aille ensemble à l’hôtel … moi je trouvais ça un peu rapide … mais il m’a dit qu’on se connaissait depuis longtemps … qu’on discuterait après … qu’on avait tout le temps … j’ai cédé. Bon, je ne te raconte pas l’hôtel … c’est personnel … mais il m’avait dit vrai … on a beaucoup discuté après … comme sur Internet … aussi naturellement … on a bien ri aussi.

— C’est tout ?

— Oui.

— Tu l’as revu ?

— Non.

— Non ?

— Ben non, parce que ce n’est pas vrai tout ce que je t’ai raconté !!!

— Ce que tu peux être bête... Non vraiment ? Tu as tout inventé ? Là, maintenant ?

— Non, ça fait longtemps que je me raconte cette histoire. Je me la suis tellement bien imaginée que j’avais peur d’être déçue … alors, je ne suis même pas allée sur Meetic, je n’ai même pas essayé.

— Remarque, t’aurais pu essayer quand même … parce que tu n’as pas la suite de l’histoire … peut-être que tu serais tombée follement amoureuse … que tu aurais accepté de vivre avec lui et que tu aurais été vachement malheureuse parce que, finalement, ça aurait été un pervers narcissique.

— Je te l’ai déjà dit une fois, tu lis trop de conneries … tu te fais des films.