Anne voulait rompre avec Christian. Elle ne savait pas trop comment s’y prendre, quels mots dire, comment il réagirait. Elle décida d’improviser.

— Voilà … je… je… je voudrais partir…

— Où ça ?

– En fait… je voudrais qu’on se quitte.

— Ah…!

Il y eut quelques secondes de silence où ils se regardèrent, puis il dit :

— Si je m’y attendais… je… je… je n’ai rien vu venir… on est bien pourtant tous les deux… Tu en aimes un autre ?

— Non, pas pour le moment.

— Bon, si c’est ce que tu veux, mais c’est dommage pour toi. Tu avais rencontré l’homme parfait et tu veux partir.

Et il fit un grand sourire pour montrer que c’était de l’humour. Christian n’était pas quelqu’un de prétentieux. C’était une autre de ses qualités.

— Oui, c’est vrai, dit Anne. Tu es parfait. Beau. Grand. Gentil. Bien élevé. Riche. Intelligent. Et tu as même de l’humour. Le prince charmant auquel rêvent toutes les jeunes filles, mais je ne suis plus une jeune fille, ça m’ennuie maintenant ce genre de rêve, je voudrais un homme avec des blessures, des manques. Tu n’en as pas assez. Tout est trop facile, trop lisse avec toi et je n’arrive pas à vraiment t’aimer. Voilà…

— En fait, tu me reproches de ressembler à un rêve.

— Oui, c’est ça.