Quand on a téléphoné pour réserver le camping, à Albec, on a été très surpris. On n’arrivait à joindre personne. Alors on a téléphoné à l’office du tourisme. Et là, une dame nous a dit qu’il était fermé, qu’on allait construire un hôtel avec un centre de thalassothérapie à la place, mais qu’on pouvait réserver au camping de la Côte. Le camping de la Côte ? Non merci. Il est loin de tout, mais à côté de la route. Le nôtre, il donnait sur la mer. Juste au dessus des dunes. Juste au dessus de la plage. Il n’y avait qu’un escalier pour y arriver. Et quand on avait de la chance, on avait un emplacement au bord. De là, on pouvait voir la mer dans la journée et l’entendre la nuit, à marée haute. J’aimais tellement m’endormir avec le bruit des vagues… Mais c’était trop beau tout ça. On peut aller voir ailleurs maintenant. Un centre de thalasso, ce n’est pas pour nous. De toute façon, Albec, c’est une ville de riches. On n’est pas les bienvenus. L’année dernière, j’ai surpris une conversation entre deux types. « Avec ce temps … la bonne clientèle vient moins. » La bonne clientèle ! Il y a la bonne et la mauvaise. Celle des centres de thalasso et celle des campings. De toute façon, tant mieux. Parce que mon mari s’est vexé et du coup il a dit qu’on irait camper en Méditerranée. On va gagner au change.