J’étais à la laverie tout à l’heure. Maintenant que je suis un homme divorcé, je retrouve ce genre d’endroit. Comme quand j’étais étudiant.

J’ai mis mes vêtements à sécher. A force de regarder la machine tourner, et mon linge avec, j’ai cru que j’allais m’endormir. J’ai regardé la femme d’à côté qui, elle, sortait ses affaires sèches. Elle avait une quarantaine d’années, comme moi. Je l’ai trouvée assez attirante. Elle était habillée très simplement. Un jean, des baskets, mais c’était dimanche. Elle revenait peut-être d’une balade.

A chaque fois qu’elle sortait un vêtement, elle vérifiait qu’il était bien sec. Souvent elle le tendait pour qu’il ne soit pas froissé. J’ai pu voir plusieurs petites culottes et des soutiens-gorge un peu affriolants. J’aurais dû baisser les yeux, ne pas regarder, mais elle ne s’occupait absolument pas de moi, alors j’ai continué. Elle a sorti une petite jupe, très courte. Même avec son jean, je pouvais voir qu’elle avait des jambes fines. Je l’ai imaginée avec. J’étais sûr qu’elle la portait simplement, que ça lui allait bien. Je me suis dit qu’elle devait avoir une sacrée personnalité pour porter ce genre de chose à son âge. Elle a sorti une autre jupe. Pareille. Courte. Il n’y avait que nous deux dans la laverie. Alors, je ne sais pas ce qui m’a pris, je lui ai dit :

— Qu’est-ce que vous devez être jolie avec ça…

Elle m’a regardé très bizarrement. L’air de ne pas comprendre ce que je lui disais ou l’air de penser que j’étais un sombre idiot. Elle est restée quelques secondes sans parler puis elle a haussé les épaules.

— C’est à ma fille.

— Oh ! Pardon !

Je n’ai rien su dire d’autre. Je me suis remis à lire et mes yeux n’ont pas quitté mon journal.