Belle gueule, mais pas assez pour le cinéma. Il lui manquait un petit quelque chose qu’on remarquerait.

Il avait suivi une école de théâtre mais son jeu n’était pas assez remarquable.

En attendant qu’on s’intéresse à lui, il lui avait bien fallu trouver du travail. Vendeur. Vendeur dans un magasin de vêtements pour femmes. Ça marchait bien, sa patronne était contente, il faisait du chiffre.

Il jouait toujours la même scène.

La femme entrait. Il se montrait aimable, sans plus. Elle choisissait un vêtement. Il la laissait tranquille, ne donnait de conseils que lorsqu’elle en demandait. Elle allait dans la cabine d’essayages. Quand elle ressortait, il était là, devant elle. Il la regardait avec admiration. Il disait juste :

— C’est pas mal, ça vous va bien.

Mais ses yeux exprimaient beaucoup plus que cela.

Neuf fois sur dix, elle achetait le vêtement.

Il en ressentait quelques minutes de plaisir. Il avait réussi. Il était bon. Le sourire de sa patronne remplaçait les applaudissements. Et puis juste après, il fallait qu’il lutte contre un sentiment de vide. Il retournait alors vite faire des rangements pour ne pas penser.