La maison…

Je vais avoir tant de mal à en partir. Là, je suis assise sur les marches qui vont de la cuisine au jardin. J’écoute les bruits de la nuit. Je m’apaise à la fraicheur de l’herbe, des fleurs, des arbres. Je ne m’apaise pas seulement, je me berce, je me sens enveloppée par la nature et par la vie elle-même.

Dire que l’on est à dix minutes de Paris par le train ! De la fenêtre de ma chambre, je ne vois que des maisons et des jardins. Très loin, au dernier plan, il y a des tours, mais si loin…

J’aime ce quartier.

J’aime les gens qui y habitent.

J’aime m’y promener.

 Il n’y a pas que le dehors. Il y a le dedans aussi, il y a l’intérieur. J’ai tout décoré à mon goût. Mais ce n’est pas seulement cela. Même vide, j’ai tout de suite aimé cette maison. Elle est chaleureuse. Quelque chose qui vient des murs, de l’espace, de l’agencement des pièces. Je m’y sens bien. Je rentre le soir après une journée de travail et je suis heureuse de la retrouver. Quand je reviens de vacances, c’est pareil.

Je ne peux pas m’imaginer dans un appartement.

 Pourtant, il faudra bien m’y résoudre. Avec mon mari, la vie est devenue impossible. On en est arrivés à se détester. On se fait du mal. Il faut que j’arrive à couper le lien. Il faut que j’arrive à partir. Il faut que l’on trouve la meilleure solution pour les enfants.

Cette maison, il faudra bien la revendre. 

En suis-je capable ?